Un témoignage de résistance contre le sexisme par une femme neurochirurgienne | lesunderargument.com

Un témoignage de résistance contre le sexisme par une femme neurochirurgienne

Un témoignage de résistance contre le sexisme par une femme neurochirurgienne | lesunderargument.com

Par Julia

Je m'appelle Julia. Et je suis un combattant. J'ai été la première femme stagiaire de mon hôpital en Lituanie à devenir neurochirurgienne. La médecine est toujours en proie aux traditions et aux méthodes médiévales, de l'intimidation à la discrimination et au manque de respect flagrant des médecins seniors envers leurs juniors.

La formation était très difficile, outre la charge de travail à l'hôpital et la quantité de matériel d'étude à parcourir, naviguer dans les injustices quotidiennes était une chose difficile à gérer psychologiquement.

En raison d'un système hiérarchique à l'ancienne et du sexisme toxique auquel j'étais confronté, je ne voyais pas mon avenir en Lituanie. J'ai terminé ma formation et suis parti pour le Royaume-Uni. Une fois ici, j'ai été énormément inspirée par le mouvement #MeToo et j'ai décidé de partager mon histoire de violence psychologique et de comportements inappropriés. J'ai écrit un message public exposant les personnes qui m'ont le plus mal traité : mon superviseur de formation qui m'a constamment insulté et rabaissé et deux autres médecins en chef qui m'ont touché sans mon consentement.

De toute évidence, ils n'étaient pas contents que je partage ma vérité et m'ont poursuivi pour calomnie. Ils ont utilisé ma santé mentale et mes problèmes familiaux pour me montrer instable, peu fiable et fou. Ils m'ont décrit comme un docteur horrible, ont dit qu'ils regrettaient de m'avoir formé et d'avoir laissé passer l'examen. Mes anciens collègues, qui ont subi des traitements similaires mais ont décidé de rester travailler dans le même hôpital après la formation, ont menti pour protéger les médecins-chefs. Ils prétendaient que la culture était absolument bonne et que j'avais tout inventé.

Mais je suis resté fidèle à mon histoire, je me suis battu et j'ai gagné. Pas seulement pour moi, mais pour toutes les autres filles qui abandonnent les carrières qu'elles aiment à cause de stéréotypes de genre dépassés ou qui ont peur de signaler toute sorte d'abus.

Au cours de ma formation, on m'a conseillé de m'intégrer; « n'apportez pas vos produits de boulangerie au travail », « ne vous faites pas les cheveux ou les ongles », « atténuez votre féminité », « faites partie des garçons ». Au diable ça ! Je n'arrête pas d'entendre que la neurochirurgie est une spécialité masculine. Il faut donc assimiler, s'adapter. Mais je refuse. Je pleurerai sans honte, non pas parce que je suis une fille, mais parce que quelque chose me fait mal. J'apporterai mes produits de boulangerie, non pas parce que c'est quelque chose que les filles font, mais parce que c'est mon passe-temps et que je veux partager avec mon équipe. Je vais retirer les tasses sales et les déchets du bureau, mais pas parce que les femmes sont faites pour nettoyer, mais parce que c'est du bon sens et que je veux un environnement de travail agréable. Je vais argumenter contre tous ces stéréotypes stupides et encore plus avec les conseils stupides, je comprends comment les gérer. Je suis une fille. Et un chirurgien. Et je suis super dans les deux !